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Il est une histoire à quatre mains ,celle d’une mère et d’une fille

dimanche 6 janvier 2019, par Astrid Giraud, Monique Giraud

Le dernier à avoir vu porter le costume au quotidien est mon grand-père ; il est pour toujours mon unique trait d’union avec le costume d’Arles.
Le Ruban est là, le costume sera celui que ma mère s’est offert jeune fille, en empruntant le même chemin. L’histoire peut continuer ...
Pour le comprendre ,il a ses codes, et ils seront mes bases. Dans l’espoir de l’approcher, je répéterai à l’infini les mêmes gestes , avec un seul souci la justesse.
Il est la partie visible de l’attachement que j’ai pour ma terre , pour ceux qui ont forgé ma vie.
Il est une histoire à quatre mains ,celle d’une mère et d’une fille.

Monique Giraud

Comment vous faire entendre, vous dire de mon mieux ce qu’est le costume d’Arles pour moi.

Il m’a fallu du temps pour le comprendre, et il m’en faudra encore beaucoup...
L’élégance, la grâce , la droiture , la pudeur , la réserve , la perfection , le mythe. .. Autant d’adjectifs qui n’ont eu de cesse de grandir en moi dès mon enfance pour je ne sais quelle raison.
A tout cela, un fil, une continuité hors du temps, hors des normes où j’ai appris à aimer, aimer ce costume comme un joyau unique et intouchable. D’une arrière grand-mère à une mère dont l’amour pour celui-ci a défié l’âme des femmes de ma famille dans leurs plus profonds retranchements.
La banalité ne m’a jamais attiré, l’originalité, la différence, en revanche ... j’ai perçu dans ce costume comme une clé qui ouvre le coffre d’un rêve, d’une vie rêvée !!
Pour moi, il est une essence, une force que je ne peux expliquer enfoui au plus profond de moi, de mes tripes, mais aucun mot ne peut transcrire ce que je ressens.
Cette sensation je l’ai comprise, au matin du 9 février 2009 …..face à moi-même …La dureté de la vie… du mauvais moment au mauvais endroit … une peur immense, la peur de ne plus être là, la peur de plus revoir mon pays : Ma Camargue, mais par-dessus tout la peur de ne plus pouvoir porter ce costume.
La réalité était bien là, suturée, et marquante à jamais. Ce joyau m’a sauvé et m’a aidé à me relever, la tête haute et fière. Puis le coffre s’est peu à peu rouvert !!
Cet Art, est pour moi un tuteur, il m’a donné le sens du vrai, au travers des photographies anciennes, des conseils de gens passionnés comme peu le sont en ce monde, de l’aide que l’on m’apporte... un nouveau pas reste à faire celui d’Oser.
Il y a peu de moments dans la vie d’une femme où celle-ci se livre et se délivre à la fois, pour moi ce fut à cet instant précis. Du courage il m’en fallait je l’ai puisé en lui.
Destin ?? Peut être .Coïncidence ?? Espoir ?? Bien des questions qui m’ont mené à croire à la beauté intemporelle de la Femme, à croire que ce costume ne disparaîtra jamais, à croire qu’un jour dans mon pays ce costume sera un Art préservé ...
Bien plus qu’un simple vêtement , qu’un simple costume …une pièce de collection faite sur mesure avec tant de créativité, en pensant sans cesse à ces adjectifs d’enfance, afin de ne pas s’en éloigner et s’en égarer … au 21eme siècle avoir la chance de revêtir des pièces anciennes, qui ont fait l histoire d’hier ,quelle belle métaphore.
Mon nom est Astrid Giraud, je fais un rêve ……….. Celui que je ne sais que murmurer. Toute autre chose qu’un murmure me le ferait disparaître !

C’est ensemble que nous soutenons le projet d’inscription au patrimoine immatériel de la culture !

Astrid Giraud

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