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L’Arlésienne

dimanche 18 mars 2018, par Aurélie Raynaud

Avec son assurance, son allure majestueuse et sa droiture
Elle représente un folklore, des traditions, un territoire, une culture.
Quand elle porte le costume son âme de jeune fille fusionne
Avec l’âme de la Camargue qui l’envahie et l’émotionne.
C’est alors que son corps tout entier diffuse un message,
Chaque partie est une merveille à décrypter, comme un nouveau langage.
 
Son pied sûr tinte et résonne à chacune de ses enjambées,
A sa terre native, à ses racines il est comme relié,
Comme ancré à cette Camargue salée et sauvage.
Ses jambes altières sont cachées, loin de tout affichage,
Par de doux tissus et des successions de jupons.
Elles suivent le galop de son cheval blanc avec souplesse, à l’unisson.
 
Ses hanches sont dissimulées et sa taille marquée.
De ces terres du Delta, elles symbolisent la fertilité.
Son dos solide et droit comme tiré vers le haut
Image les cornes pointues des fougueux taureaux.
Cornes respectées car pour la défense elles sont prodigues
Et tentent continuellement d’atteindre le ciel de Camargue.
 
Son torse, sa poitrine fièrement affirmés et délicieux
Offrent son cœur, sa passion comme un aveu.
Ses bras musclés et finement déployés
Sont la force du métier de manadier,
La finesse appliquée pour diriger sa monture,
La poigne nécessaire pour maitriser les taureaux et faire vivre cette culture.
 
Son menton haut dressé revendique sa liberté, cet idéal
Qui rayonne lorsqu’elle porte le costume ancestral.
Sa chevelure relevée et délicatement coiffée
Dans un savoir-faire subtilement enseigné
Met à nu son cou, ses oreilles et sa nuque
Faisant étalage de ses étincelantes dorures, héritage précieux et unique.
 
Ses lèvres légèrement teintées laissent
Exploser un sourire empli de tendresse
Et transmettent un bonheur sans limite.
Sa voix féminine et pure chante avec mérite
Et à en donner des frissons l’hymne de son pays
Dans son parlé provençal, « La Coupo Santo »...qui nous saisi.
 
Son nez discret et charmant donne libre cours
A l’expression de son franc regard de velours.
Ses yeux profonds et parlants transpirent d’émotions
Et transportent inlassablement une passion.
Ils sont le miroir de cette riche terre
On peut y voir se refléter fidèlement ces paysages qui sont ses repères.
 
Sa tête d’un port enviable est magnifiée
Par un vieux ruban aux velours raffinés
Qui rend hommage à ses aïeules.
Ses tissus et dentelles où se dissimulent
Des épingles et des invisibles argentées
Dessinent la grandeur et la puissance des territoires camarguais.
 
Ses cotonnades aux coloris chatoyants
Et aux motifs indiens florissants
Illuminent de leur éclat et font virevolter les pensées.
Ses soies et taffetas, faits de fils aux teintes animées
Selon la volonté du soleil, font découvrir aux inexperts
La palette de nuances d’un panorama camarguais resplendissant entre le Rhône et la mer.
 
Les joueurs de musiques traditionnelles,
Fifres et tambourinaires intemporels,
Ne peuvent alors que l’accompagner,
En s’accordant à son rythme camarguais
Et en la suivant mélodieusement
Dans l’éloge qu’elle propose, sincèrement et admirablement.
 
Ce n’est pas un déguisement sans âme et servant de décor…
C’est un costume, un assemblage méthodique ancestral de trésors…
C’est un symbole riche en signification et représentation, en plein essor…
 
C’est un passé qui fait la fierté d’une communauté,
Un présent qui rend vivant et éclaire les passionnés,
Un futur qu’il faut défendre, transmettre et préserver
 

Aurélie Raynaud
Juillet 2011
Saintes Maries de la Mer

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