Accueil du site > Les Témoignages > L’idéal féminin

L’idéal féminin

dimanche 6 janvier 2019, par Guy Nolet

Je suis confus, déçu, frustré de ne pouvoir trouver les mots justes pour exprimer mon profond attachement à l’Arlésienne et le ressenti perçu en sa présence. Homme du Nord, ayant vécu plus de 50 ans à mille kilomètres de la Provence et tombé amoureux de ce beau pays, j’ai tout abandonné pour y vivre.

Comment ai-je connu le Costume d’Arles ? Par hasard tout simplement, lors d’une exposition de peintures exclusivement consacrée à l’Arlésienne. Durant mes jeunes années, je connaissais l’existence de l’Arlésienne, par les livres, les films ou la réalité lors de vacances provençales. Mais son image ne représentait qu’une page de folklore à découvrir l’été, avec son affluence touristique ; chaque région possède ses caractéristiques, ses coutumes, son folklore et Arles était l’une d’elles. Mais cette exposition fut à l’origine d’un véritable électrochoc. Depuis toujours, je recherchais de façon inconsciente (ou presque) la représentation de la perfection absolue de l’idéal féminin. Elle était là sur les toiles exposées. Ma quête du Graal s’achevait. Quelques paroles échangées suffirent pour se mettre au courant des dates importantes concernant le rassemblement d’Arlésiennes. Au premier d’entre eux, le coup de foudre s’est amplifié, car le mouvement et la parole s’ajoutaient à l’image figée de la peinture. Tout n’est que parfaite beauté chez celle qui revêt le costume : du pied au sommet de la coiffe, l’ensemble donne à la femme une noblesse sans pareille. Hors l’aspect visuel, il n’est pas besoin de mots pour sentir la fierté d’être Arlésienne. Après une boulimie visuelle vient le plus beau des cadeaux : la découverte de celle qui porte le costume et qui en raconte l’histoire, les hésitations dans le choix des couleurs, de la chapelle, du ruban, des bijoux. Arrive le plus précieux des instants ; celui où elle confie de petites choses, sans se rendre compte de leur importance : l’origine de sa passion, les anecdotes qui fleurissent son cheminement, les souvenirs parfois tristes à propos d’une aïeule ou les découvertes lors de la visite au grenier du mas. Bref, toutes ces petites choses qui semblent de peu d’importance et qui, pourtant, trace l’histoire d’une passion. Parfois celle-ci se révèle à deux ans, parfois à soixante. C’est ainsi que chaque Arlésienne détient sa propre histoire.

Le costume est bien vivant car il n’est de semaine sans pouvoir le contempler. En effet, si les costumes folkloriques se portent lors des grandes fêtes, l’Arlésienne saisit toute occasion pour revêtir le costume. Celui-ci fait corps avec l’Arlésienne ; il fait partie de sa vie quotidienne, même si, hélas, il lui serait bien difficile de le porter chaque jour.

Après cinquante années de recherche, j’ai enfin trouvé l’expression de l’idéal féminin et de la beauté absolue. Que cet idéal soit si vivant et si communicatif, voilà ce qui explique la passion de celles et ceux qui rencontrent NOS Arlésiennes. Puissent-elles encore longtemps rester les ambassadrices de la perfection. Voilà le pourquoi de ma passion portée au Costume d’Arles : l’envie de le faire vivre plus intensément encore dans l’esprit des personnes que je rencontre, tout en côtoyant celles qui le portent.

Répondre à cet article

Projet porté par [Tradicioun->www.tradicioun.org]
SPIP Theme by The Masterplan