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Une deuxième peau, une évidence

dimanche 25 mars 2018, par Pauline Valette

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Étant née dans une famille d’Arles et de Camargue la tradition (costume, langue, bouvine et roussatine …) a toujours coulé dans mes veines. Avec une maman Première Demoiselle d’Honneur de la Reine d’Arles (Carole Bressy) et un papa gardian amateur (Manade Paul Ricard) j’ai donc grandi entre les tiroirs à dentelles, les rubans, les ferrades et les courses de taureaux.

J’ai porté pour la première fois le costume d’Arles le 1er Mai 1999 à tout juste 9 mois (c’est pour dire si je suis tombée dans le chaudron étant petite). J’ai tout naturellement continué à le porter le plus souvent possible. La cérémonie des Mireieto n’existant pas encore, j’ai porté ma première cravate lors de ma première communion, puis prit mon ruban aux Saintes-Maries-De-La-Mer en 2013 sous le regard bienveillant de ma marraine qui n’était autre que ma maman . Si quelqu’un veut me connaître et me demande de parler de moi, je suis obligée d’évoquer le costume et les traditions qui s’y rattachent car ils font partie intégrante de ma vie. Enfiler mes costumes, c’est comme enfiler une deuxième peau, c’est tout naturel. Je ne pourrais pas donner une réponse à la question « pourquoi ? », ça m’apparaît comme une évidence, c’est inexplicable, ça coule dans mes veines.

Chez nous, le costume c’est une histoire de famille ! Avec une arrière-grand-mère brodeuse et couturière, des grands-mères qui cousent, brodent, tricotent et une maman mercière tout se fait en famille, de la découpe du tissus jusqu’aux finitions. J’ai été baignée dans cet esprit de transmission notamment en portant les affaires de mes aïeules ou de ma mère étant plus jeune.

J’ai toujours entendu parler le Provençal chez moi. Petite, mes grands-pères m’apprenaient des comptines en provençal, puis j’ai continué l’apprentissage de la langue sur les bancs de l’école.

La bouvine est une passion qu’avec ma sœur cadette nous partageons avec notre père. Courses, corrida, ferrades, festivals d’abrivado … Il nous a fait plonger dans cet univers dès notre plus jeune âge, nous en transmettant sa passion et faisant de nous de jeunes aficionadas.

Il est tout à fait compatible d’être une jeune femme de son temps, de vivre au XXIème siècle, de faire des études, d’apprécier la technologie que nous offre notre époque sans pour autant renier ses racines. À l’heure où le passé est souvent regardé avec mépris j’estime qu’il est important de sauvegarder et de porter haut et fièrement nos couleurs, nos traditions, cet héritage si précieux que nous ont laissé nos anciens. Il est d’ailleurs tout aussi important de transmettre cet héritage culturel riche aux plus jeunes afin qu’ils reprennent le flambeau plus tard.

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