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Une partie de ma vie

dimanche 25 mars 2018, par Catherine Aubert Valette

Du plus loin que remontent mes souvenirs, le costume a toujours fait partie de ma vie.

À 18 mois, je participais à ma première fête des gardians accompagnant ma grand-mère paternelle et mes cousines à ce rendez-vous incontournable pour ma famille, gens de Camargue, agriculteurs, gardians, manadiers, bergers.
Cette journée du 1er Mai et la Pegoulado seront pendant des années mes deux seules occasions de porter ce costume auquel je m’attachais à tel point, que quelques années plus tard alors que mes cousines le délaissaient, moi je choisissais d’adhérer à une association spécialisée dans la recherche sur le costume (association créée dans les années 1980) : Reneissenço.

Avec ma maman (pourtant pas native d’Arles mais qui l’adoptera et le défendra corps et âme bien plus que de ’’vraies’’ arlésiennes) ensemble et à l’aide de femmes passionnées et passionnantes nous allons y perfectionner notre technique de coiffure et d’habillage et ainsi perpétuer cette tradition familiale de transmettre l’Amour du port du costume d’Arles.

Et c’est ainsi que quelques années plus tard j’ai décidé tout naturellement de me présenter à l’élection de la 14ème Reine d’Arles où j’ai eu le grand honneur et bonheur d’être élue Première Demoiselle d’honneur de Carole Bressy. Ce fût pour moi une façon d’exprimer à mes grands-parents et parents la fierté et mes remerciements pour m’avoir transmis ce patrimoine vestimentaire indissociable de la langue provençale et l’attachement à nos traditions taurines. Ce rôle de demoiselle d’honneur me donnera aussi la chance d’aller à l’étranger représenter ma ville où à travers le port de notre beau costume j’y incarnais tout un art de vivre et de montrer grâce à ma jeunesse de l’époque que l’avenir de nos traditions et de notre patrimoine étaient bien réels.

Aujourd’hui 44 ans après ma première fête des gardians, je suis fière de préparer nos tenues de la saison prochaine avec ma fille (19 ans) à qui je crois avoir donné le ’’virus’’ du costume. Elle héritera à son tour des dentelles, rubans, et jupons de son arrière-grand-mère qui me les avait confié après les avoir elle-même reçu de sa belle-mère.

Mon rôle de transmission se traduit aussi lors de la cérémonie des Mireieto ou celle des Virginenco où à 7 reprises de jeunes filles m’ont demandé d’être leur marraine.

Pour que ce patrimoine continue à vivre , je mettrai toute mon énergie et mon enthousiasme à sa défense.

Osco per lou vèsti arlaten !

Catherine Aubert Valette

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