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la transmission du savoir

lundi 4 mars 2013, par Magali Blanc

Dans ce projet il est un dossier qui est important c’est la transmission du savoir.

Le port du costume d’Arles ne peut pas se faire sur un coup de tête, du jour au lendemain. C’est un apprentissage qui commence en général dès la petite enfance et qui dure jusqu’à la fin de la vie de la personne.

Lorsque l’on s’engage dans ce long chemin il nous faut de l’aide, du soutien, du compagnonnage. Cette transmission du savoir de génération en génération est indispensable et indissociable pour pouvoir porter le costume d’Arles. Plusieurs pistes sont utilisables, et interactives.

Tout d’abord au niveau familial. Les femmes de la famille transmettent leur savoir, leur secret d’arlésienne aux fillettes puis jeunes filles. dès le berceau, les petites filles sont immergées dans les tissus, dentelles et autres accessoires de leurs aînées.
Le bébé regarde, touche, sent. Les couleurs, les matières, les sons bercent la petite fille. Vers ses deux ans la petite fille commence à participer aux préparatifs d’un costume, elle est avec sa mère, la regarde choisir les tissus, elle joue avec la dentelle, elle essaye d’imiter sa mère et veux l’aider à plisser un fichu et c’est à quatre mains que la fillette commence dans le monde du costume.
Les fils, les épingles, les galons et dentelles sont un terrain de jeu initiatique important car tous les sens de l’enfant sont en éveil. L’odeur du linge ancien, l’éclat des bijoux, les couleurs et motifs des tissus, la douceur d’un ruban d’Arlésienne, la douleur d’une piqûre d’épingle, le bruissement de la soie, le bruit de la machine à coudre...
tout cela forme la toute petite fille : les premières expériences, les conseils de la grand-mère, les petits cadeaux comme une petite broche, une petite barrette tous ces petits trésors que la fillette emporte et met dans sa boîte à elle. Ensuite plus la fillette grandit plus elle s’implique dans la confection de ses propres costumes.
Vers ses 10 ans elle commencera à se coiffer seule car la fillette veut se coiffer à sa main et la façon dont sa mère la coiffe ne lui plait plus et cela devient source de conflit entre la génération montante et les précédentes. Elle apprend à faire sa pelote, à placer son devant d’estomac C’est ainsi que petit à petit elle deviendra vers ses 15 ans pratiquement autonome au niveau de l’habillage.
Devenue jeune femme, elle s’implique, toujours sous l’œil attentif des femmes de la famille, dans la couture pour confectionner elle même ses propres vêtements. La broderie, la couture sont des activités de plus en plus pratiquées par nos jeunes femmes.

Ensuite il y a les associations et là c’est un grand merci qu’il faut adresser aux présidents et présidentes des groupes qui œuvrent depuis plus de 70 ans pour la sauvegarde de notre tradition car sans eux notre costume d’Arles n’existerait pratiquement plus ou serait relégué au simple folklore et ne serait pas considéré comme une culture, une identité, un patrimoine vivant.
Les associations du pays d’Arles permettent d’avoir un lien direct avec le monde du costume pour les non initiés qui peuvent ainsi trouver le compagnonnage qu’ils n’ont pas ou qu’ils n’ont plus au niveau familial et pour les initiés qui trouvent également au sein du groupe une ambiance, un partage, une amitié, un soutien. Cela permet de mettre en commun tout un savoir, chacune apporte sa connaissance à l’édifice. C’est un partage des savoirs. On s’entre-aide, se conseille, s’engueule aussi car nous ne sommes pas toujours d’accord sur la manière de faire un pèçu, un double-bandeau, une manche d’èso. Mais l’important c’est de transmettre tout ce savoir qui nous vient de nos ancêtres. Les groupes organisent et participent à des sorties, des journées de traditions qui permettent de pouvoir porter de plus en plus notre costume. Ils organisent des ateliers réservés à leurs adhérents qui permettent de s’améliorer tant au niveau maîtrise de la coiffure que du plissage des fichus, d’apprendre la couture ou la broderie. Certaines associations font également de la danse, de la musique, ont une section enfantine active. D’autres sont tournées uniquement vers le costume. Ces groupes sont la vitrine de notre costume d’Arles, ils sont présents lors des grandes manifestations du pays d’Arles et ils représentent notre culture à l’étranger lors de déplacement folklorique. Grâce au travail de recherche que font les membres de ces groupes notre costume continue de vivre et d’évoluer. Certains groupes collaborent entre eux et s’aide mutuellement pour la confection de certains costumes d’époques différentes. Les groupes sont d’une grande importance pour la continuité de nos traditions.

Il y a aussi la transmission écrite comme support pour apprendre le costume. Divers ouvrages traitant de notre costume au fil des siècles, un livre qui traite de la technique pour maîtriser notre costume contemporain, les ouvrages historiques sur les modes françaises, sur les autres costumes régionaux nous permettent de pouvoir reconstituer au mieux les costumes de différentes époques et surtout d’appréhender au mieux notre costume contemporain en le faisant évoluer tout en maintenant les bases. Ces ouvrages nous servent autant dans le milieu familial qu’associatif. Car rien de peut remplacer la pratique.

C’est grâce à ces différentes façon d’aborder et de transmettre le costume que nous sommes aujourd’hui autant à porter le porter. C’est notre culture, notre identité, notre patrimoine.

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